Qu’est-ce que la cybercitoyenneté responsable?

Développement de votre cyberprudence

estampe d'une balance représentant la cyberprudence

Être une ou un cybercitoyen responsable, c’est jouer un rôle dans la protection de ses données et de celles de son organisation. C’est un état d’esprit qui repose sur la cyberhygiène, l’adoption d’une stratégie de protection globale, la reconnaissance des cyberrisques, et la priorisation de la résilience pour se protéger et protéger les autres. C’est ce que nous avons décidé d’appeler la cyberprudence.

Icone d'un ordinateur qui brille de propreté

La cyberhygiène

Icone d'un bouclier

L’adoption d’une stratégie de protection globale

Icone de jumelles

La reconnaissance des cyberrisques

Icone d'un bonsaï

La priorisation de la résilience

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La cyberhygiène

Icone d'un ordinateur qui brille de propreté

Voici quelques exemples de pratiques pour faire preuve d’une cyberhygiène irréprochable :

Matériel informatique et réseaux :

  • Activez le pare-feu et le logiciel antivirus
  • Automatisez le téléchargement et l’installation des mises à jour et des correctifs sur les logiciels, le matériel, le système d’exploitation et tout ce qui est connecté à Internet
  • Utilisez un réseau privé virtuel (RPV) attention pour protéger les données confidentielles lorsque vous les transmettez sur des réseaux publics

attention L’Office québécois de la langue française recommande les acronymes RPV (réseau privé virtuel) ou RVP (réseau virtuel privé) plutôt que l’acronyme anglais VPN (virtual private network). (Vitrine linguistique)

Systèmes et données :

  • Utilisez des mots de passe forts, idéalement des phrases, contenant au moins 12 caractères avec des lettres, des chiffres et des symboles
  • Activez l’authentification à deux facteurs
  • Sauvegardez vos données régulièrement et tester les copies de sauvegarde pour vous assurer qu’elles fonctionnent
  • Verrouillez votre ordinateur lorsque vous quittez votre poste de travail
  • Rangez les documents papier confidentiels dans des endroits sécurisés et détruisez-les de manière sécurisée lorsqu’ils sont désuets
  • Examinez attentivement chaque courriel ou message texte suspect avant de cliquer sur un hyperlien ou d’ouvrir une pièce jointe

Comptes en ligne, y compris les réseaux sociaux :

  • Vérifiez vos paramètres de confidentialité pour les comptes en ligne
  • Évitez de partager des informations confidentielles ou professionnelles pouvant être utilisées à des fins malveillantes
  • Configurez vos profils en mode privé lorsque possible

Connaissances en cybersécurité :

  • Suivez périodiquement des formations sur la cybersécurité
  • Surveillez l’évolution des cybermenaces qui pourraient vous affecter en vous abonnant à des alertes de cybersécurité provenant de sources fiables

Comment prouver votre identité sans avoir à saisir un mot de passe?

Le mot de passe représente un facteur de connaissance, c’est-à-dire quelque chose que vous connaissez. Or, ce facteur est particulièrement vulnérable : il peut être volé via des attaques d’hameçonnage, deviné via des attaques par force brute ou exposé lors de fuites de données.

Pour atténuer ces risques tout en simplifiant l’expérience utilisateur, des alternatives plus robustes s’offrent à vous. L’authentification sans mot de passe désigne des méthodes qui vous permettent d’accéder à un compte en ligne, à un service informatique ou à un appareil en vous appuyant sur des facteurs comme vos caractéristiques physiologiques, vos habitudes et comportements, les objets que vous possédez, votre géolocalisation ou un compte déjà validé par une organisation réputée.

Définition

Ce type d’authentification est basé sur une de vos caractéristiques physiques uniques, comme votre empreinte digitale, vos traits du visage, votre iris ou votre voix. La biométrie physiologique repose sur « ce que vous êtes ».

Avantages

  • Sécurité élevée, difficile à usurper
  • Aucune information à retenir
  • Expérience utilisateur rapide et fluide

Inconvénients

  • Risques de faux positifs/négatifs
  • Dysfonctionnement possible (lumière, doigts sales, etc.)
  • Données sensibles non révocables en cas de fuite
  • Préoccupations liées au respect de la vie privée

Exemples

Reconnaissance faciale ou de l’empreinte digitale

  • Déverrouillage d’un téléphone intelligent
Icone représentant la reconnaissance faciale
  • Autorisation d’un paiement avec une carte de crédit enregistrée sur un téléphone intelligent (p. ex. : Apple Pay, Google Pay)
Icone d'une empreinte digitale

Reconnaissance de la parole

  • Vérification de l’identité par la voix pour accéder à un compte bancaire dans certaines institutions financières
icone représentant le reconnaissance vocale

Reconnaissance de l’iris

  • Contrôle d’identité dans certains aéroports
Icone représentant la reconnaissance de l'iris

Définition

La biométrie comportementale repose sur l’analyse de la manière dont vous interagissez avec un appareil ou un système : votre vitesse de frappe, vos mouvements ou habitudes de navigation. Elle permet une authentification continue et passive, réalisée en arrière-plan, sans intervention active de votre part. Elle se base sur « ce que vous faites ».

Avantages

  • Expérience fluide : vous n’avez rien à faire
  • Détection proactive des comportements suspects

Inconvénients

  • Fiabilité réduite en cas de fluctuation de votre comportement
  • Complexité de collecte et de traitement des données
  • Questions éthiques en jeu (profilage)

Exemples

Habitudes et comportements liés aux activités

  • Détection d’une prise de contrôle d’un compte bancaire
Icone représentant le vol bancaire

Habitudes et comportements liés à la manière de se connecter à un compte en ligne

Icone d'une souris d'ordinateur

Habitudes et comportements liés à la voix (intonation, rythme, pauses)

  • Détection d’une usurpation vocale (p. ex. lors d’une connexion via un service téléphonique)

Définition

Cette méthode repose sur la vérification d’un objet physique que vous possédez, comme un téléphone, une carte à puce ou un jeton de sécurité. L’accès est accordé si cet objet ou dispositif est reconnu comme légitime par diverses approches techniques, notamment la cryptographie symétrique ou asymétrique.

Avantages

  • Simplicité et rapidité
  • Authentification forte et généralement multifacteur
  • Accès à Internet pas nécessairement requis pour les objets physiques conçus pour l’authentification

Inconvénients

  • Appareils
    • Risque de perte ou d’oubli
  • Objets physiques conçus pour l’authentification
    • Cout et logistique de distribution
    • Risque de perte ou d’oubli
  • Objets numériques
    • Dépendance à un canal tiers (réseau téléphonique, Internet, nuage informatique, etc.) et à un appareil (téléphone intelligent, ordinateur, etc.)
    • Risque d’attaque par un excès de notifications qui incitent à accepter des connexions provenant d’entités malveillantes

Objets d’authentification courants

Appareils (permettant de recevoir et de générer des codes d’accès, de valider des notifications, d’accéder aux certificats numériques, etc.)

  • Téléphone intelligent
  • Ordinateur ou tablette
  • Montre connectée

Objets physiques spécialement conçus pour l’authentification

Icone représentant une clé d'authentification
Icone d'une carte à puce
Icone représentant une carte d'identité

attention Le sigle anglais RFID [est] largement répandu en français pour former des syntagmes (ex. : clavier RFID, étiquette RFID, puce RFID, etc.) (Vitrine linguistique)

Objets numériques

  • Notification poussée
    Celle-ci est envoyée via une application d’authentification (par exemple, Microsoft Authenticator, Duo, etc.) installée sur votre appareil mobile. Lors d’une tentative de connexion ou d’une opération sensible, vous recevez une notification vous demandant d’approuver ou de refuser la demande directement dans l’application. L’accès n’est accordé que si vous approuvez explicitement la notification, prouvant ainsi votre identité.
  • Code à usage unique
    Ce code est une valeur numérique qui vous est envoyé par différents canaux (messagerie texte, courriel, application d’authentification ou notification sur un appareil enregistré). Il expire généralement après quelques minutes et ne peut être utilisé qu’une seule fois.
  • Certificat numérique
    Un certificat numérique est comme une carte d’identité, délivrée par une autorité de confiance. Il est stocké sur votre appareil. Lors de la connexion à un service en ligne, votre appareil présente votre certificat numérique et signe numériquement la demande d’accès d’une manière unique, qui vous est propre. Le service vérifie alors votre identité en validant cette signature à l’aide des informations cryptographiques de votre certificat numérique.

Exemples

  • Paiement d’un achat avec votre téléphone intelligent
    Utilisation d’un appareil comme votre téléphone intelligent, de l’application mobile de votre banque, d’une application de paiement mobile comme Apple Pay ou Google Pay et de la technologie CPP (communication en champ proche)
Icone représentant le paiement sur un terminal avec un téléphone.
  • Paiement d’un achat avec votre carte de crédit
    Cartes de crédit fonctionnant avec un contact (en utilisant la puce) et sans contact (en utilisant la technologie CPP) avec le lecteur
Icone représentant le paiement par crédit avec une carte de crédit
  • Connexion aux services de l’imprimante au bureau pour démarrer l’impression des documents confidentiels
    Utilisation d’une carte à puce ou de votre carte d’employé(e) (carte d’identité)
Icone représentant identification de son identité à un photocopieur avec une carte
  • Accès à des salles, édifices et autres infrastructures physiques de votre organisation
    Utilisation d’une carte à puce ou d’une carte d’identité
Icone représentant l'ouverture d'une porte grâce à un téléphone cellulaire.
  • Connexion au réseau de votre organisation lorsque vous travaillez à distance
    Utilisation d’un certificat numérique contenant une clé privée qui authentifie votre ordinateur portable. Une fois l’identité vérifiée, l’accès au réseau de l’organisation est accordé. Cette approche correspond également aux réseaux privés virtuels (RPV), qui sécurisent la connexion tout en garantissant que seul un appareil autorisé peut se connecter.
  • Connexion à une application ou à un service en ligne
    • Exemple 1
      Méthode d’authentification robuste requérant l’utilisation de deux types de facteurs, par exemple, un mot de passe (facteur de connaissance) et un code à usage unique, généré localement sur votre téléphone intelligent par une application d’authentification comme Google Authenticator (facteur de possession)
    • Exemple 2
      Méthode d’authentification robuste requérant l’utilisation de deux types de facteurs, par exemple, un mot de passe (facteur de connaissance) et une notification poussée envoyée sur votre téléphone intelligent par une application comme Microsoft Authenticator ou Duo (facteur de possession)

Définition

Cette méthode d’authentification repose sur des éléments contextuels comme l’appareil utilisé, l’adresse IP, la position géographique ou l’heure de connexion. Le système évalue si le contexte « où vous vous trouvez » correspond à vos habitudes.

Avantages 

  • Authentification discrète, sans action requise de votre part
  • Possibilité de bloquer des accès suspects de manière proactive
  • Utilisation répandue comme méthode complémentaire

Inconvénients

  • Risque de faux positifs (voyages, changement d’appareil)
  • Accès à des données sensibles requis (localisation, appareil)

Exemples

  • Connexion refusée depuis un pays inhabituel
Icone d'une carte géographique
  • Accès facilité si l’utilisateur utilise son téléphone habituel à son domicile
Icone représentant une maison
  • Alerte déclenchée si la connexion a lieu à une heure ou dans un lieu inhabituel

Icone représentant une maison hantée

Définition

Cette méthode d’authentification permet de vous connecter à un service en utilisant un compte existant, déjà validé par une organisation réputée.

Avantages 

  • Aucun nouveau mot de passe à créer
  • Réduction du nombre de mots de passe à mémoriser
  • Appui sur un système jugé comme robuste et bien sécurisé

Inconvénients

  • En cas de compromission du compte principal, compromission potentielle de l’ensemble des accès qui y sont liés
  • Forte dépendance à une grande organisation et à ses règles de sécurité

Exemples

  • Connexion à un compte en ligne via Google, Apple, Facebook, etc.
  • Connexion à votre compte de l’Agence du revenu du Canada ou de Revenu Québec via un partenaire de connexion (comme une institution financière)

Icone d'un écran d'ordinateur

Pour une cyberhygiène renforcée

Fyscillia Ream, coordonnatrice scientifique
Chaire de recherche en prévention de la cybercriminalité de l’Université de Montréal

Laisseriez-vous la porte d’entrée de votre maison déverrouillée lorsque vous vous absentez? Écririez-vous le code de votre système d’alarme sur une affiche visible de tous? De tels comportements créent des vulnérabilités qu’un criminel pourrait exploiter pour commettre un vol.

Dans le monde numérique, chaque utilisation de vos appareils, chaque clic en ligne, chaque mot de passe que vous saisissez ou chaque fichier que vous partagez peut ouvrir la porte aux cyberattaques.

La cyberhygiène désigne l’ensemble des pratiques, comportements et mesures préventives de base visant à maintenir la sécurité des données et des technologies face aux cybermenaces.

La cyberhygiène n’empêche pas une cyberattaque, mais elle réduit la probabilité d’en subir une. Adopter une bonne cyberhygiène, tant à titre individuel qu’organisationnel, c’est réduire les cyberrisques et limiter l’effet négatif des incidents de sécurité. Chaque action accomplie, jumelée à d’autres, contribue à environnement numérique plus sûr.

Plutôt que de mémoriser une liste de pratiques, il est plus utile de rester à l’affut des types de cybermenaces. Une bonne cyberhygiène s’arrime aux cybermenaces qui vous guettent. Par exemple, dans les années 90, lorsque sont apparus les premiers virus, la prévention reposait sur l’installation d’un antivirus et des mises à jour.

Au fil du temps, les cybermenaces ont gagné en sophistication, entrainant une évolution de la cyberhygiène. Par exemple, avec l’émergence de l’hameçonnage, des logiciels espions et des rançongiciels, les formations destinées aux employés sont devenues indispensables pour leur permettre de reconnaitre les signes d’une attaque.

Ce site présente plusieurs bonnes pratiques en matière de cyberhygiène. C’est une bonne nouvelle si vous les avez déjà adoptées, car elles restent essentielles, malgré la sophistication des cybermenaces. Il sera toutefois important dans les prochaines années d’adapter votre cyberhygiène à l’évolution des cybermenaces.

Les cybermenaces évoluent rapidement : les attaques sont de plus en plus ciblées, sophistiquées et automatisées. Avec l’essor de nouvelles technologies et des modes de travail, les tendances observées incluent :

  • dans un premier temps, l’exploitation de l’intelligence artificielle. Ces cybermenaces rendent les fraudes plus difficiles à détecter. Les hypertrucages, par exemple, brouillent la frontière entre le vrai et le faux;
  • et dans un deuxième temps, la compromission des environnements de travail à distance en raison de leurs nombreuses vulnérabilités, notamment des réseaux domestiques moins sécurisés et l’augmentation du nombre d’appareils non gérés par l’employeur.

Dans ce contexte, la cyberhygiène doit s’adapter de façon proactive. Par exemple :

  • Renforcer les programmes de sensibilisation et de formation continue
    • Soit, développer la cyberprudence pour identifier l’hypertrucage, l’hameçonnage et le piratage psychologique.
    • Et, dans un deuxième temps, apprendre à bien vérifier l’authenticité des informations auprès de sources fiables.
  • Renforcer les méthodes d’authentification
    • Soit, utiliser un gestionnaire de mots de passe pour les protéger de façon robuste.
    • Et également activer l’authentification à deux facteurs pour tous vos comptes, de préférence via des applications telles que Microsoft Authenticator ou Google Authenticator.
  • Adopter des comportements proactifs
    • Ce qui veut dire analyser régulièrement vos comptes pour détecter toute activité inhabituelle.
    • Et utiliser des outils d’analyse comportementale pour anticiper les risques et détecter rapidement les anomalies.

En adoptant une bonne cyberhygiène et en restant informé(e) des tendances émergentes, vous contribuez à créer un environnement numérique plus sûr.

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L’adoption d’une stratégie de protection globale

Icone d'un bouclier

Une stratégie de protection efficace combine des outils technologiques, les êtres humains, les structures et processus organisationnels, et l’environnement physique. L’union fait la force! Par exemple, en plus d’adopter des solutions techniques (authentification à deux facteurs, antivirus, pare-feu, etc.), vous devriez régulièrement suivre des formations sur la cybersécurité.

Il est également important que les organisations encouragent des comportements adéquats et mettent en place des mesures de protection. Par exemple, pour éviter que vos documents confidentiels ne trainent sur l’imprimante à la vue de gens non autorisés, l’impression devrait démarrer uniquement lorsque vous en autorisez le démarrage d’une certaine façon. Cette mesure devrait s’accompagner d’un article dans la politique de protection des données confidentielles qui stipule que l’on doit rester à côté de l’imprimante jusqu’à la fin de l’impression.

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La reconnaissance des cyberrisques

Icone de jumelles

Vous devez apprendre à reconnaitre les cyberrisques pour pouvoir réagir adéquatement face aux cybermenaces émergentes, ou lors d’un nouvel incident de cybersécurité. Quels sont les scénarios probables qu’une cybermenace exploite l’une de vos vulnérabilités entrainant ainsi une perte? La question se pose autant pour l’individu que pour l’organisation.

Si un risque identifié dépasse le niveau acceptable, décidez s’il vaut mieux l’atténuer pour réduire sa probabilité d’occurrence ou en minimiser les conséquences éventuelles. Atténuer un cyberrisque implique de mettre en œuvre des mesures de sécurité.

Attention

Malgré les mesures de sécurité, le risque n’est jamais nul; on n’est jamais protégé à 100 %. Le risque qui subsiste s’appelle risque résiduel. Il faut chercher à le réduire à un niveau acceptable, dont les conséquences sont gérables.

Éliminer le risque résiduel peut représenter un cout trop important par rapport aux pertes qu’il serait possible d’éviter en cas d’incident.

Exemple

Même quand on apprend à reconnaitre les messages d’hameçonnage, il demeure possible d’être victime d’hameçonnage.

La formation et les mesures de sécurité n’empêchent pas un tel incident de se produire (risque résiduel), mais grâce à ces mesures, les conséquences sont considérées comme étant acceptables et gérables. En d’autres mots, on a la capacité financière nécessaire pour absorber la perte subie par une attaque par hameçonnage.

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La priorisation de la résilience

Icone d'un bonsaï

La cyberrésilience repose sur trois piliers complémentaires qui permettent de mieux prévenir, détecter et surmonter les incidents de sécurité :

Diagramme de Venn formé de 3 cerles.
  1. Adoptez une stratégie proactive qui prévoit l’analyse régulière de vos comptes pour détecter des activités inhabituelles. Il est aussi impératif de vous adapter aux changements constants liés aux menaces et aux moyens de protection. Remettez en question l’efficacité et la robustesse de ses systèmes et de ses moyens de protection : sont-ils capables de résister à une cyberattaque?
  2. Développez des pratiques de cybersécurité qui respectent les valeurs éthiques comme l’intégrité et la confidentialité. Par exemple, n’utilisez pas d’outils de sécurité pour espionner les autres, camoufler des activités frauduleuses, contourner la loi ou empiéter sur la vie privée d’autrui.
  3. Contribuez à la cyberrésilience collective afin d’aider votre organisation à prévenir un incident de sécurité et, le cas échéant, à s’en relever rapidement.

La cyberprudence : réfléchir avant d’agir!

Alina Dulipovici, professeure agrégée
Département de technologies de l’information à HEC Montréal.

Que feriez-vous si vous receviez un courriel avec la mention « urgent » de votre patron vous demandant de transférer immédiatement une somme importante à un partenaire d’affaires? Prendriez-vous le temps de réfléchir avant d’agir ou passeriez-vous rapidement à l’action? Prendre le temps nécessaire pour analyser la situation et évaluer si le message est légitime peut vous éviter bien des problèmes.

Après tout, est-ce vraiment réaliste que votre patron vous demande, par courriel, de transférer immédiatement une somme d’argent importante à un partenaire d’affaires dont vous n’avez possiblement jamais entendu le nom? Prendre ce pas de recul, c’est ça, la cyberprudence!

La cyberprudence, c’est plus qu’une liste de bonnes pratiques. C’est un état d’esprit qui repose sur la vigilance, la capacité à reconnaitre les cyberrisques et à adopter des mesures de sécurité pour se protéger et protéger les autres. C’est aussi l’habitude de toujours analyser une situation, d’en soupeser les risques et la gravité.

Vous pensez que vous auriez su flairer cet hameçonnage? Qu’auriez-vous fait dans d’autres cas de figure? Vérifiez-vous toujours le numéro de téléphone de l’expéditeur lorsque vous recevez un texto? Avouez-le, peut-être pas tout le temps.

Les cybercriminels exploitent nos réflexes naturels : la précipitation, les émotions, comme la peur ou la crainte, le désir de faire une bonne action et celui d’aider nos proches. Ces personnes savent que nous agissons par habitude sans toujours nous soucier de petits changements dans nos communications internes.

Dans un exemple semblable, plusieurs personnes vont d’abord s’inquiéter de perdre l’accès à leur compte d’employé(e) au lieu de se demander s’il est crédible que leur employeur leur demande par texto de faire ce changement.

Les stratégies de cybermenaces évoluent constamment. Il n’existe pas de recette miracle pour les éviter. Le meilleur moyen de demeurer proactif et vigilant est de développer votre cyberprudence.

Méfiez-vous des faux appels et textos. Il est facile pour les fraudeurs d’usurper l’identité d’une organisation.

Méfiez-vous également des courriels. Les robots conversationnels peuvent rédiger d’excellents messages d’hameçonnage, exploitant même des informations personnelles récupérées sur les réseaux sociaux.

Faites preuve de vigilance face aux hypertrucages, car ils peuvent être utilisés pour différentes arnaques, par exemple, pour diffuser de la désinformation ou pour commettre la fraude au président, soit lorsque votre présumé patron vous demande de transférer une somme importante.

En résumé, il faut garder en tête que le risque de cyberattaque n’est jamais nul. Il est essentiel que vous adoptiez de bonnes pratiques basées sur une réflexion critique, éthique et proactive.

Voici la démarche suggérée :

  • Dans un premier temps, analysez la situation. Demandez-vous si la requête est normale et quel serait le risque si vous alliez de l’avant. Est-ce que ça serait grave? Les systèmes seraient-ils capables de résister à une telle cyberattaque?
  • Faites vos vérifications. Vérifiez la légitimité de l’expéditeur et interrogez-vous sur le niveau d’urgence. Dans tous les cas, communiquez votre doute à l’équipe des technologies de l’information.
  • Finalement, restez informé(e) et participez aux activités de formation et de sensibilisation, notamment pour rester à l’affut des cybermenaces émergentes.

La cyberprudence, c’est réfléchir avant d’agir. Elle nous aide à identifier les cyberrisques et à adopter une posture résiliente pour mieux se protéger et protéger les autres. Un simple doute peut éviter une catastrophe.

Questions de réflexion

  • Pourquoi la cyberhygiène est-elle essentielle dans votre quotidien personnel et professionnel? Quels sont les impacts d’un manque de cyberhygiène sur vos données et celles de votre organisation?
  • Quelles mesures de sécurité pouvez-vous adopter dès aujourd’hui pour améliorer votre stratégie de protection? Ou pour renforcer son caractère global?
  • Comment pouvez-vous sensibiliser les autres à l’importance de la cybercitoyenneté sans partager des informations fausses ou nuisibles?